DEUXIEME PROMENADE
Quelques jours après ce premier entretien, le vieux prince et le jeune capitaine se retrouvaient pour leur promenade habituelle, non loin des frondaisons du Parc Monceau. Il était plus tôt que de coutume. La nuit n’était pas encore venue. Peut-être, au fond d’eux-mêmes, souhaitaient-ils, l’un et l’autre, ne pas hâter la conclusion de leur discussion.
Le prince aurait aimé partir, ce soir-là, de la haute figure de Paul de Tarse. C’était sans compter sur son interlocuteur, le capitaine, qui avait un penchant plus marqué pour la raison. Pas la Raison. Encore moins le culte opéré par les libres-penseurs aux heures sombres de la Révolution. Pas ce concept dévoyé des philosophes/idéologues des Lumières et leur filiation intellectuelle. Mais bien cet instrument qui, avec la Foi, menait à Dieu en ouvrant les réalités d’En Haut. Le Vieux Prince, victime de sa formation intellectuelle partisane, ne comprenait cela. Sans compter qu’il soupçonnait –à tort- le jeune capitaine, quoique chrétien pratiquant, de quelque lien passé avec les Loges au temps où il se formait à Saint Cyr. Ce goût de la raison n’était pas toujours apprécié par le vieux Bourbon qui avait toujours eu la tentation de lier, à tort, raison et rationalisme ; une attitude de pensée qu’il détestait et à laquelle il attribuait bien des maux du monde contemporain. Point sur lequel il n’avait pas tout à fait tort. L’officier le reconnaissait volontiers. Cube et Cathédrale. Raison et Foi. Rationalisme contre mysticisme. Telle était la configuration de leur opposition intellectuelle. Quoique les frontières entre ces deux écoles de pensée étaient plus poreuses que le manichéisme du Bourbon l’autorisait. Le capitaine restait un enfant de Dieu plus que celui de la Déesse Raison, et le converti qu’il était avait la Foi chevillée au corps ; l’homme de serment qu’il était vouait une sorte d’allégeance indestructible au Père rencontré sur le tard, prêt, pour cela, à tous les renoncements. Le Prince, chrétien très fervent, n’en doutait pas.
LE JEUNE CAPITAINE : A la fin de notre
dernier échange, vous souligniez l’importance de ce double héritage, biblique
et gréco-latin dans la formation de nos valeurs occidentales. Je suis tout à
fait d’accord avec vous. Cependant, à mon sens, vous oubliez d’ajouter que
cette rencontre de la tradition et foi biblique et de la pensée hellénistique
nous avait, dès le départ, protégé de toute errance religieuse, notamment
fondée sur la violence – je ne parle pas ici des hérésies gnostiques -
puisqu’il s’agissait, en réalité, de la rencontre primordiale et fondamentale
entre foi et raison. La raison est un moyen d’accès à Dieu via la juste
lecture –une lecture raisonnable- de la Parole, leg que Dieu, par son Fils,
nous a laissés pour le connaître. Tout comme, la foi est un moyen dont Dieu se
sert pour nous parler – ou inversement, Dieu nous a dotés de la raison pour
nous communiquer ses insondables mystères, la Foi servant à comprendre ces choses
surnaturelles et irrationnelles.
Le vieux prince écoutait avec une attention soutenue. Mais comme ces abstractions lui étaient rébarbatives ! Non, véritablement, jamais il ne serait philosophe ! Il en admirait, sans le lui dire bien évidemment, cela aurait coûté à son orgueil, son compagnon, qui dissertait sur ces sujets avec une telle aisance.
LE JEUNE CAPITAINE continuait : La raison, comme le rappelle Benoît XVI, est ce juste Don de Dieu qu’Il nous a donné pour connaître Sa nature. Ce que je vais vous dire maintenant est probablement osé ; mais le personnage central, à mon avis, le plus important dans la fondation de la civilisation chrétienne – il est encore trop tôt, à cette époque, pour utiliser le terme de « chrétienté »- n’est pas Constantin mais bien Paul !
LE VIEUX PRINCE, tout heureux de se retrouver sur le terrain plus concret de l’histoire du christianisme, s’empressa de dire : Vous avez entièrement raison, jeune homme.
LE JEUNE CAPITAINE, remarquant à peine cette approbation –il était déjà victime du même syndrome que le Prince-, poursuivait déjà : Paul a précisément su, je le répète, concilier tradition hellénique et foi biblique. J’ajouterai qu’une foi raisonnable et une raison éclairée par la foi, c’est-à-dire, un bon équilibre entre foi et raison demeure la condition sine qua non de la pérennité du christianisme. Et ceci, bien davantage, qu’une quelconque forme de régime politique qui aurait rapidement pour conséquence de nous faire tomber sous la coupe du fanatisme religieux. Quant à la raison autonome, c’est à un véritable désastre intellectuel et moral qu’elle conduit.
LE PRINCE, de plus en plus désireux de reprendre son rôle dans la conversation, « bouleversé » à l’idée de savoir qu’il n’occupait pas le plus beau : C’était, si j’ai bien compris, l’objet de la réflexion de Benoît XVI à l’université de Ratisbonne.
LE CAPITAINE : D’ailleurs, notre histoire européenne est la succession de ces deux travers intellectuels. Prenez, par exemple, les Croisades, la Reconquista, les Lumières, le scientisme… Pourrons-nous, un jour ou l’autre, espérer trouver un juste rapport, un juste équilibre entre ces deux concepts fondamentaux ?
LE PRINCE : Attention, cependant, pour le phénomène des croisades ou celui de la reconquête catholique en Espagne, à ne pas être les victimes d’une certaine historiographie qui ont développé sur ces évènements une véritable légende noire.
LE CAPITAINE : Je suis d’accord, Prince, mais vous reconnaîtrez avec moi que la Reconquista n’a pas été tendre avec les musulmans. Voltaire n’a-t-il pas parlé dans ses écrits, à ce sujet d’autodafés ? Quel sort fut réservé aux musulmans ? Conversion ou … ?
La seule évocation du nom de Voltaire irritait intérieurement le vieux prince tant ses préjugés sur les Lumières étaient obsessionnels. Aussi, reprit-il avec vivacité :
La aussi, vous admettrez qu’il convient de nuancer. La Reconquista est un phénomène qui a duré sept siècles, et n’oublions pas que s’il y a eu reconquête catholique, c’est bien parce qu’il y avait d’abord eu conquête musulmane. Et, je vous ferai remarquer que celle-ci ne s’était pas faite dans la douceur mais avec la violence meurtrière qui accompagne en Islam, le Djihad. Les conversions des chrétiens à l’Islam se sont faites, le plus souvent, sous la contrainte que ce soit la menace de déportations en Afrique du Nord ou de réduction à l ‘état d’esclave. C’est un point important qu’il ne faut jamais oublier quand on parle de cette question, sauf à fausser la perspective. Sans vouloir paraître pédant et vous ennuyer de détails, j’ajouterai que si on prend au XIIIème siècle, le royaume chrétien de Castille, les musulmans –mudejares- sont libres de leur religion ; ils ne sont pas tolérés, mais disposent d’une existence légale. Alors qu’à la même époque, les chrétiens en territoire ibérique musulman ne sont que des dhimmi -les mozarabes- seulement tolérés et vivant sous un statut d’infériorité. Il est interdit à un musulman de se convertir au christianisme sous peine de mort. Je me permets de vous faire remarquer, mais vous le savez pertinemment, que c’est encore le cas aujourd’hui dans de nombreux pays musulmans. Je note au passage, tout en sachant que pour vous cette remarque n’est pas une provocation, que ce n’était pas le cas dans l’Irak de Saddam Hussein avant l’intervention américaine. Son vice-premier ministre, n’était-il pas chrétien ? Je m’empresse tout de suite d’ajouter, afin qu’il n’y ait aucune ambiguïté, que je considère Saddam Hussein, comme un despote redoutable.
Mais revenons à la Reconquista. A ce moment, les chrétiens convertis de force à l’Islam revinrent, tout naturellement, à leur foi et les musulmans de conviction restèrent libres de pratiquer leur religion. Certains s’étant révoltés contre l’autorité légitime des rois catholiques, furent réprimés, comme il est habituel dans tout Etat. Après l’interdiction de la religion islamique en Espagne en 1526, certains Morisques faussement convertis se soulevèrent et cherchèrent l’appui des Turcs installés en Afrique du Nord. Le roi Philippe III les écrase et expulse définitivement leurs derniers représentants au début du XVIIème siècle vers l’Afrique du Nord et l’Empire ottoman.
Quant à Voltaire et aux Lumières qui, ne l’oublions jamais, vouent une haine tenace au catholicisme, ils parlent, il est vrai, de nombreuses exactions et d’autodafés (qui sont des célébrations à caractère pénitentiel) qu’ils confondent avec la peine de mort par le feu sur un bûcher. Leurs dires, bien évidemment, relèvent de ce que nous appellerions aujourd’hui, une propagande idéologique et ne reposent sur aucune analyse historique critique, ni aucune enquête sérieuse dont ils n’avaient pas les moyens à l’époque. Quant à la « terreur de l’Inquisition » dénoncée par Voltaire et les libres-penseurs de notre époque, il est sage de s’en tenir à l’avis des historiens spécialistes de ces questions. L’un d’eux, l’historien Pierre Chaunu, à la suite de ses travaux, estime qu’il y aurait eu sur une période de trois siècles, environ 10 000 exécutions capitales dues à L’Inquisition. Chiffre énorme !, me direz-vous. Non, si on les rapproche des 50 000 sorcières brûlées vives en 50 ans, au début du XVIIème siècle, dans toute l’Europe. Et je me permettrais d’ajouter, quels heureux temps, si on les compare aux exécutions de l’époque de la Terreur révolutionnaire en France pour ne pas parler des 100 millions de morts massacrés au nom de l’idéologie communiste au XXème siècle.
Je vous assure, capitaine, pour ce qui est de l’histoire, de la tolérance et l’analyse sereine des situations, mieux vaut ne pas trop se fier à Voltaire, ni aux «chers frères » qu’il a intellectuellement engendré ensuite.
Le vieux prince était heureux d’avoir terminé sa longue intervention par cette philippique contre l’esprit des Lumières qu’il détestait tant. Soudain, à l’angle d’une rue ouvrant sur le boulevard de Courcelles, il aperçut la masse sombre des coupoles de la cathédrale orthodoxe Saint Alexandre Nevsky. La nuit était donc déjà là, la promenade bien avancée et le point de départ de leur entretien semblait oublier. Ils marchèrent encore un certain temps en silence.
LE JEUNE CAPITAINE : Et Paul ?
LE VIEUX PRINCE : Ah oui, Paul ! Eh bien, comme vous le disiez tout à l’heure, son rôle a été fondamental. C’est lui qui rassemble toutes nos origines. Juif de la diaspora, parlant hébreu par sa tradition, connaissant certainement l’araméen, il est nourri des écrits bibliques. Citoyen romain, il se débrouille en latin par nécessité. Mais, sa langue maternelle, celle dans laquelle il pense, écrit et s’exprime c’est le grec. Paul est de culture grecque et toutes ses lettres seront rédigées en grec, dans un grec dont les linguistes reconnaissent la pureté. Il donne ainsi à la pensée chrétienne qui se déploie entre les 1er et IVème siècles, cette double composante culturelle hellénistique et sémitique comme vous le souligniez très justement au début de notre entretien.
LE CAPITAINE : De fait, à vous entendre, Paul était un personnage international…et si j’osais, je pourrais dire que Saül était mondialiste ?
Le capitaine se montrait, là, légèrement provocateur et moqueur à l’endroit du prince. Il continua.
LE CAPITAINE : Plus sérieusement, je réalise à quel point nos origines civilisationnelles sont très diverses.
LE PRINCE : « International », « mondialistes », je sais que vous plaisantez, mais parler d’internationalisme pour le monde antique est un anachronisme, l’émergence des nations étant bien postérieure. En Paul, se rencontrent tous les grands courants de culture du monde antique méditerranéen qui font qu’aujourd’hui, nous sommes les héritiers de Jérusalem, d’Athènes et de Rome.
LE CAPITAINE : Vous dites « nations », mais alors qu’elle est la signification de ce mot de nation, que l’on retrouve dans le Nouveau Testament ? « Allez de par les nations annoncer la Bonne Nouvelle ».
LE PRINCE : Il faut entendre « nations », tout simplement par « peuples ». La phrase que vous citez, marque l’universalisme de l’Evangile annoncé aux Juifs et aux nations païennes. Dieu se crée avec ses disciples un Peuple nouveau où il appelle tous les hommes sans distinction.
LE CAPITAINE : C’est donc en cela que le catholicisme est universel. Il est amusant de noter que les tenants actuels les plus radicaux d’un certain catholicisme sont ceux qui sont les plus viscéralement attachés à l’idée de nation, de patrie au point de promouvoir le catholicisme au rang de religion nationale. Cela me semble un contre-sens total.
Mais pour en revenir aux fondations du christianisme romain, vous ne pouvez nier que la paganisme ait joué un rôle, ne serait-ce que par le fait que ses traditions ont été incluses dans le projet d’évangélisation des réalités sociétales de l’époque. Je pense aux notions de pontifex maximus, aux solstices d’hiver et d’été qui ont servi à dater les deux solennités de Noël et de Pâques, notamment.
LE VIEUX PRINCE : Vous avez raison, c’est le phénomène de l’inculturation propre au christianisme qui est une religion de l’incarnation. Le christianisme intègre les éléments culturels et religieux des peuples à qui il s’adresse. Il les évangélise et leur donne un nouveau sens. Ainsi en fut-il des pratiques païennes que vous citez. Il évangélise les semences spirituelles naturelles que le Créateur a répandu dans sa création. L’Evangile féconde les qualités spirituelles de chaque peuple, son message étant adressé à tout le genre humain. Ceci est unique dans l’histoire humaine.
LE JEUNE CAPITAINE : Oui. Alors, que dire des mouvements politiques qui prônent un catholicisme national du style de l’Action française ? N’est-ce pas là une erreur de conception ?
LE VIEUX PRINCE : C’est une erreur totale de conception qui a été solennellement condamnée par le pape Pie XI en 1926. Pie XII lèvera partiellement cette condamnation en 1939 en autorisant aux catholiques la lecture du journal « Action française », mais il ne lèvera pas la condamnation sur l’idéologie. Les royalistes d’Action française supportent en général difficilement le rappel de ces faits.
Le message universel de la Bonne nouvelle est adressé à tous les hommes. Mais les formes, et non le message qui est unique, peuvent changer selon les temps et les lieux.
Le prince et le capitaine se connaissaient bien. Ils savaient l’un et l’autre que sur ce point leur position ne différait pas. Cela leur parut une bonne conclusion à ce deuxième grand entretien.
PREMIERE PROMENADE
Le texte proposé est écrit en hommage à Vladimir Soloviev qui avait fait paraîtrez quelques mois avant sa mort, en 1900, « Trois entretiens sur la guerre, la morale et la religion ». J’ai lu ce texte très dense à l’occasion de sa réédition en 2005. Il m’a donné l’idée de mettre en forme à sa manière des conversations entre un vieux Prince, tout à la fois nostalgique des temps anciens et aussi passionné par l’enfantement du monde à venir, et un jeune Capitaine épris d’absolu et de recherche, tiraillé entre la Foi et la Raison. Ces deux protagonistes qui aiment l’art de la conversation « à la française », ont également chacun leurs préjugés. Ils transparaissent souvent dans ce long dialogue. Que le lecteur les accepte, les deux protagonistes usant l’un vis-à-vis de l’autre d’une grande liberté d’expression.
Ces conversations accompagnent de longues promenades, à la nuit tombante, dans les nobles et paisibles avenues de l’aristocratique XVII ème arrondissement, non loin des frondaisons du Parc Monceau.
LE VIEUX PRINCE : Voici quelques jours alors que vous m’interrogiez sur le problème de l’Occident, je vous avais répondu qu’à mon avis, le problème de l’Occident était de se défendre comme civilisation chrétienne. « Quel Occident ? » m’aviez-vous alors demandé. Vous aviez raison de mettre ainsi l’accent sur ce que cette formulation pouvait avoir de général et de flou. Vous me permettrez, d’y revenir ce soir.
Parler d’Occident, c’est l’opposer à un Orient. Vous me permettrez de vous préciser ma pensée. J’espère ne pas vous ennuyer par quelques références historiques, je sais que vous les appréciez. On pense là, inévitablement, à la rupture de l’unité impériale romaine entre un Empire romain d’Orient autour de Byzance et un Empire romain d’Occident qui s’effondre d’ailleurs rapidement sous le coup des Barbares. Pour notre époque, l’Occident évoque la guerre froide avec le camp occidental atlantiste pro-américain opposé au camp communiste soviétique. C’est la division en blocs idéologiques : libéralisme, d’une part, contre marxisme-léninisme, d’autre part. L’Occident apparaît alors comme le regroupement des peuples libres face à la menace soviétique, se plaçant sous la protection de la puissance américaine qui, elle, rêve d’un ordre mondial et universel fondé sur la liberté des échanges, la démocratie parlementaire et qu’elle dominerait sous le couvert des Nations Unies. L’Occident est alors entendu comme le monde de l’Alliance atlantique et de son organisation militaire : l’OTAN. A ce monde occidental, on est allé jusqu’à agréger le Japon qui d’extrême-oriental est devenu « Extrême-Occidental » ; une des évolutions les plus étranges de l’Histoire. Et que dire, dans ce contexte, de l’Etat d’Israël, théocratique, sioniste et expansionniste ? Occidental néanmoins ?
LE JEUNE CAPITAINE : Certes, le terme Occident est employé à toutes les sauces. Manipulable à souhait, l’acception de ce vocable n’en est que plus floue. Israël, à ranger dans le camp occidental ? Je dirais qu’il faudrait peut-être classer cet état dans la catégorie des pays orientaux qui n’acceptent pas leur nature, en dépit du fait qu’il s’agisse de la Terre Sainte, car bien trop liés aux intérêts étrangers, particulièrement, américains et britanniques. Une remarque, toutefois, Israël, un état théocratique ? Je dirais qu’il s’agit plutôt d’une démocratie parlementaire religieuse fondée sur l’appartenance ethnique d’une nation d’élection divine bien plus qu’une théocratie stricto sensu.
LE PRINCE : Sur l’Etat d’Israël, on pourrait disserter longuement. Je crois que le général De Gaulle a été le seul chef d’Etat d’envergure a avoir dénoncé la politique de l’Etat d’Israël en 1967 : « Certains même redoutaient que les Juifs alors dispersés, mais qui étaient restés ce qu’ils avaient été de tous temps, c’est-à-dire un peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur, n’en viennent une fois rassemblés dans le site de leur ancienne grandeur à changer en ambition ardente et conquérante les souhaits qu’ils formaient depuis dix-neuf siècles. » Il est vrai, également, que ce même Charles De Gaulle, en 1959, autorisât les Français de confession juive (conception constitutionnellement étonnante dans une république laïque) à pouvoir acquérir sur un critère racial (l’appartenance au peuple juif) la nationalité israélienne et à être autorisé à faire leur service national dans l’armée de l’Etat d’Israël. Ceci étant, je reconnais à De Gaulle le fait qu’il ait été le seul de nos chefs d’Etat à parler en ces termes de la politique de l’Etat d’Israël. Mais, pardonnez-moi cette trop longue digression et revenons à la discussion qui nous occupe.
Ce n’était pas dans ces sens que je parlais d’Occident et de civilisation occidentale. En fait, j’aurais dû employer l’expression de civilisation européenne occidentale ; c’est-à-dire un ensemble européen défini par des valeurs où le christianisme joue un rôle fondateur et déterminant.
LE CAPITAINE : De fait, c’est ce que devrait normalement être l’Europe des 25, bientôt des 27, avec la Roumanie et la Bulgarie, deux nouveaux Etats de christianisme orthodoxe. Avec la Grèce, ils seront désormais trois. Comme la Roumanie est à 100% chrétienne, c’est plutôt un bon point du point de vue culturel qui est celui de notre débat, le pourcentage des musulmans se trouvant ainsi réduit mécaniquement . Sur d’autres plans, celui de l’économie par exemple, ce serait tout autre chose.
LE PRINCE : Je suis d’accord avec vous. Mais revenons, si vous le permettez au rôle déterminant du christianisme que nous évoquions tout à l’heure.
Je connais un peu vos pensées sur ce sujet et j’imagine qu’une des premières remarques que vous allez m’objecter, est que le christianisme n’est pas un ensemble de valeurs mais une foi, l’adhésion à la Personne de Jésus, vrai Dieu et vrai Homme, venu dans le monde pour notre salut. Vous aurez entièrement raison de le faire. « Le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous », tel est le point central de la foi chrétienne. Parce que l’homme avait failli à sa vocation en Adam et Eve, Dieu s’est fait homme en Jésus pour accomplir cette vocation. Mais cette foi au Christ implique un comportement social des chrétiens. Et c’est en ce sens qu’on parle d’un ordre social chrétien qui est un des éléments essentiels de notre civilisation européenne occidentale. Ordonner les biens de ce monde aux biens éternels, c’est à dire avoir un esprit de service pour le bien commun de toute l’humanité.
Le prince s’interrompit brutalement. Un bref silence s’installa. On eut dit qu’il était surpris de ses propres paroles. D’autres le soupçonnaient parfois de s’écouter parler et ensuite de jouir de l’effet de ses propres paroles sur lui-même. En fait, il aimait l’échange quand celui-ci atteignait un certain niveau. Et c’est en quoi ces promenades-discussions avec le jeune capitaine lui étaient agréables.
LE CAPITAINE : Certes, le christianisme, nous en avons déjà parlé à plusieurs reprises, n’est pas, selon moi, tant une échelle de valeurs, qu’une foi, la Foi, c’est-à-dire, une réponse à un appel d’En Haut. Le kérygme, comme vous le rappelez, ne repose pas sur des valeurs de Tolérance, de Liberté, de Respect, mais bien sur la croyance en l’Incarnation et la Résurrection, « Deus Caritas est », incarné en la Personne de Jésus-Christ, venu pour notre salut, nous racheter du Péché originel. Bien évidemment, on peut toujours extraire de l’Ecriture certaines valeurs que l’on dira chrétiennes car exclusivement inspirées de l’Evangile ; des valeurs qui doivent fonder notre comportement en société, qu’il soit amoureux, politique, etc : c’est tout l’enjeu de la Doctrine Sociale de l’Eglise. Chaque pierre posée au sein de ce grand amas de personnes qu’est la société, et, plus globalement, la nation, au sens chrétien de don du Créateur et non révolutionnaire, doit être tracée par chacun dans un commun projet d’accès au Salut. Ainsi, pour vous répondre et nourrir le débat, je dirais qu’il y a des valeurs que l’on peut qualifier de chrétiennes puisqu’elles sont d’inspiration évangélique, mais il est évident qu’un chrétien, comme le rappelait Mgr Vingt-Trois, ne vit pas de ces valeurs, mais bien de l’Evangile.
LE PRINCE : C’est un point essentiel, et je suis heureux de vous entendre le rappeler. En christianisme, la notion d’incarnation est fondamentale. Aucun autre système religieux ne connaît cette notion qui reste étrangère au judaïsme et surtout à l’Islam. C’est en quoi, il me semble, la notion de Dieu des musulmans et des chrétiens diffère tant.
Ce christianisme issu de traditions bibliques nées dans un contexte sémitique et marquées d’empreintes orientales fortes, va épouser les apports des héritages grec et latin qui forment le socle des valeurs de notre civilisation européenne. Et c’est là qu’apparaît l’immense personnalité de saint Paul qui permet le passage du message évangélique dans les schémas intellectuels de la pensée grecque et assure sa diffusion dans l’espace romain. Il fonde notre civilisation européenne sur cette double origine, gréco-latine et chrétienne.
La soirée avançant, l’échange s’interrompit, sans que les deux protagonistes le regrettassent. Ils savaient l’un et l’autre que ce n’était qu’une forme d’invitation tacite à récidiver.
Face à l’avènement de l’oligarchie, ce sont des saints dont nous avons besoin !
Ce qui vient de se dérouler en France depuis quelques semaines est politiquement d’une grande importance. Nous vivons un véritable changement de régime. Certains parleront du passage d’une Vème République à une VIème République. Je pense que cela est exact et que l’instauration du quinqennat et le choix d’un calendrier électoral qui fait précéder les élections législatives des présidentielles modifient en profondeur nos institutions. Mais il s’agit, à mon sens, d’un bouleversement beaucoup plus fondamental. Ce qui s’opère sous nos yeux, c’est un changement de la nature même du système politique qui était le nôtre. La France semble sortir de la démocratie traditionnelle, celle à laquelle nous étions habitués, qui s’était progressivement mise en place au cours des XIXème et XXème siècles. Elle reposait sur un certain nombre de libertés fondamentales dont la liberté de la presse et sur la notion de confrontation des idées dans un débat entre un pouvoir et des oppositions. Cette démocratie traditionnelle avait revêtu, au cours de cette longue évolution, des formes très différentes allant des monarchies parlementaires, à l’exemple de celles mises en place par les chartes de 1814 ou 1830, à des républiques de type parlementaire comme la IIIème, après le 16 mai 1877, ou la IVème, sans oublier bien évidemment cette véritable monarchie élective semi-parlementaire que fut la Vème République à l’époque gaullienne et à son avatar pompidolien.
Certes, déjà, avec les présidences de Valéry Giscard d’Estaing, de François Mitterrand et de Jacques Chirac, un lent glissement vers des formes oligarchiques s’était opéré. Les évènements de cette année 2007 n’ont fait que confirmer cette lente dérive qui aboutit aujourd’hui à une nouvelle forme politique n’ayant que peu de rapports avec le régime de 1958, même si juridiquement, il s’appelle toujours Vème République. Ce nouveau régime diffère profondément de la démocratie au sens où Tocqueville et ses héritiers politiques l’entendaient. Certains parlent déjà de post-démocratie qui présenterait d’ailleurs, une composante occidentale et une composante orientale dans les anciennes parties de l’ex-empire communiste soviétique, notamment en Russie . D’autres préfèrent parler de démocratie totalitaire sous l’emprise de la pensée unique ou d’oligarchie, terme qui a ma préférence.
Avec la présente élection présidentielle, cette oligarchie est maintenant en place. Chaque jour, la pratique de nos nouveaux gouvernants amène une surprise. Beaucoup, parce que c’est plus confortable pour la pensée, n’aimerait y voir qu’une simple modernisation de la vie politique. C’est ainsi que les commentateurs politiques présentent, le plus souvent, les nouveaux aspects de notre vie politique. En fait, non, il s’agit bien de la naissance d’un nouveau régime.
Les urnes ont parlé, comme nous aimons dire, après une longue et difficile campagne électorale. Ces propos de journaliste relèvent soit de la langue de bois, soit tout simplement des habitudes. Car ce dont nous sortons aujourd’hui, ce n’est pas d’une campagne électorale semblable à celle que nous aurions pu vivre précédemment, mais bien d’une « vraie-fausse » campagne n’ayant en commun avec elles que quelques apparences extérieures. Cette campagne a mis en évidence le rôle de l’oligarchie représentée par les puissants groupes industriels et financiers disposant de nombreux médias qui leur sont inféodés. Ces médias, grâce à leurs relais de « journalistes », transformés le plus souvent en animateurs de spectacles télévisuels et qui ont pour noms Poivre d’Arvor, Chazal, Chabot ou Pujadas, répandent et développent dans toutes les couches de la société française l’unique pensée qu’il convient d’avoir. Ainsi par des techniques qui relèvent davantage du viol des foules, décrit autrefois par Serge Tchakhotine, que de la confrontation d’idées, nos journalistes-animateurs mettent en scène un faux combat entre deux protagonistes choisis par les oligarques souhaitant faire croire à l’opinion que seul, son choix sera décisif. Ainsi, fut mis en scène le duel Sarközy / Royal. Ségolène Royal, pure création des sondages d’opinion et des médias, fut présentée comme la candidate de la « Gauche » censée avoir été désignée par les militants du parti socialiste, particulièrement les jeunes. Quant au candidat de la « Droite », il fut cantonné à n’être que l’acteur jouant le rôle de sa propre marionnette. On en fit un battant volontariste, sorte de superman de jeux électroniques virtuels, ayant réponse à tout. La manipulation était géniale, l’illusion d’un débat démocratique fut totale. On plaça dans l’esprit de chaque citoyen, par un matraquage médiatique inouï, l’idée que le destin du pays était entre ses mains. Il fallait que la participation soit massive pour servir de légitimité illusoire au « vainqueur déjà désigné » des urnes. Nous avons été victimes, tous collectivement, d’une gigantesque opération de désinformation. Partout, on chante les louanges du nouvel élu du suffrage universel dont le dynamisme est présenté comme seul capable d’amener un sursaut du pays. En fait, il n’est que la courroie de transmission des puissants groupes oligarchiques de l’industrie et de la haute finance, eux-mêmes liés aux puissances occultes qui agissent sur l’ensemble de la planète. J’entends déjà certains : « paranoïa », « délires paranoïaques ». Comme j’aimerais que cela soit vrai !
Je note cependant qu’un trublion manqua de mettre du désordre dans ce jeu bien organisé. Il s’agit de François Bayrou. Cet homme n’est pas véritablement un de mes amis politiques ; ce qu’il représente, est à l’opposé de ma sensibilité politique. Et pourtant, force est de reconnaître qu’il donnât dans le triste spectacle qui nous fut offert, l’image du courage, de la conviction et de l’éthique. Je le salue donc pour son refus obstiné de participer à cette mascarade et à cet abandon de nos traditions politiques les plus fortes. C’est un véritable leçon de résistance que le Béarnais nous a donnée.
A ce jour, le désastre dans les âmes et les volontés est incommensurable. Notre pays, sans le savoir, traverse des heures noires. Pour notre nation, c’est un véritable naufrage qui s’annonce, si un sursaut salutaire n’intervient pas. Des souvenirs historiques me reviennent en mémoire. Je pense au funeste traité de Troyes, signé en 1420 par la reine Isabeau de Bavière au nom de son époux le roi Charles VI , qui reconnaissait le roi d’Angleterre comme héritier du royaume de France. Le sursaut, ce fut alors la Pucelle d‘Orléans, Jeanne, sainte Jeanne d’Arc. Et je pense à ce que disait mon cher Bernanos, ce qu’il faut à ce monde, ce sont des saints.
« Au commencement, je vous disais que le scandale de la création n’était pas la souffrance mais la liberté. J’aurais pu aussi bien dire l’Amour. Si les mots avaient gardé leur sens , je dirais que la Création est un drame de l’Amour. Les moralistes considèrent la sainteté comme un luxe. Elle est une nécessité. Aussi longtemps que la charité ne s’est pas trop refroidie dans le monde, aussi longtemps que le monde a eu son compte de saints, certaines vérités ont pu être oubliées. Elles reparaissent aujourd’hui comme le roc à marée basse. C’est la Sainteté, ce sont les Saints qui maintiennent cette vie intérieure sans laquelle l’humanité se dégradera jusqu’à périr. C’est dans sa propre vie intérieure en effet que l’homme trouve les ressources nécessaires pour échapper à la barbarie ou à un danger pire que la barbarie, la servitude bestiale de la fourmilière totalitaire. Oh ! sans doute, on pourrait croire que ce n’est plus l’heure des saints, que l’heure des saints est passée. Mais comme je l’écrivais jadis, l’heure des saints vient toujours. » Bernanos, Nos amis les saints (Algérie 194è) dans « La liberté pour quoi faire ? » 1953.
Un jeune ami me parle souvent de ses camarades, jeunes gens et jeunes filles, qu’il côtoie. Il se plaint de les voir vivre dans la superficialité de l’instant, à la périphérie de leur être. Je pense alors à ce texte de Bernanos dont je viens de faire une citation, découvert au temps de ma jeunesse. Et comme hier, j’enrage ne sachant ce qu’il vaut mieux, pleurer ou hurler. En fait, il faudrait prier.
Pour ceux qui aiment la réflexion politique, quelques impressions de lecture : « Le nouveau défi européen » (Otto de Habsbourg)
Il
s’est trouvé ces semaines passées, alors que partout dans tous les rangs de la
société chacun s’agitait anxieux de lendemains trop prometteurs, mes lectures
m’ont conduit vers un écrivain de réflexion : l’archiduc Otto de
Habsbourg-Lorraine, l’héritier de mille ans d’histoire européenne, le fils du
bienheureux empereur et roi Charles 1er et de Zita de Bourbon de
Parme, celle qui aurait pu devenir une des fortes femmes politiques du dernier
siècle, si l’Histoire ne l’avait aussi rapidement éloignée du trône
d’Autriche-Hongrie. C’est toujours avec de plaisir que je lis et médite les
écrits de l’archiduc Otto. Des entretiens publiés en1994 sous le titre « Mémoires
d’Europe » m’avaient fortement impressionné. Non que j’aille toujours
dans le sens de l’archiduc - il est trop Habsbourg, trop
« bourguignon-lorrain » selon ses propres termes pour moi, formé au
regard « capétien » d’un Richelieu, d’un Louis XIV ou encore d’un De
Gaulle - mais je suis enthousiaste de découvrir à travers sa personne ce que
peut donner une éducation princière quand elle sait assumer les héritages et
principes qui l’animent. L’archiduc Otto donne constamment l’impression de
ressentir comme inhérent à sa propre personne le droit de parler à « ses
peuples » (c’est-à-dire une très grande partie des Européens) et de les
conseiller dans leurs destinées. Il demeure à cet égard, l’empereur et roi, le
dernier de l’Europe, même s’il a personnellement renoncé en faveur de son fils
aîné, l’archiduc Charles, à son titre de Chef de la Maison de
Habsbourg-Lorraine, ne gardant que la Grande Maîtrise de l’Ordre de la Toison
d’Or. Il m’arrive parfois de rêver que le Chef de la Maison de France ait les
mêmes méditations. Hélas, la famille d’Orléans n’a pas les mêmes intérêts. Je
sais que l’on ne choisit son Prince, aussi je me contente de regretter ce fait.
Quand
la démagogie devient assourdissante, le mensonge et le cynisme trop forts, ma
réaction naturelle est de fermer ma porte et de me retirer dans mon intérieur
pour retrouver dans la lecture des compagnons que j’aime, la consolation
nécessaire. L’archiduc Otto est de ceux-là comme le vénéré Jacques
Benoist-Méchin, mon véritable maître, dont je parlerai peut-être un jour. Or,
la Providence a voulu dans ces mêmes jours que je fasse la découverte d’un
nouveau livre d’entretiens de l’archiduc paru au début de l’année 2007 sous le
titre : « Le nouveau défi européen ». Ainsi treize ans
plus tard, je retrouvai celui que l’historien Pierre Chaunu a magnifiquement
qualifié comme « le dernier et le premier des Européens, et le meilleur
prophète de l’avenir pour n’avoir rien oublié du passé. » Quelle joie
et quel plaisir intellectuel me procura cette lecture alors que partout, le
néo-conservatisme, le néo-libéralisme, le néo-bonapartisme déferlaient et
occupaient tout l’espace médiatique jusqu’à la nausée.
La campagne présidentielle suivait son cours : on promettait à chacun ce qu’il voulait entendre, on occultait, bien évidemment, toutes les questions essentielles qui demain seront les grandes tâches de l’élu du corps électoral, la défense, les affaires internationales. Les choix énergétiques. Nous savons aujourd’hui, que cela correspondait à une volonté de l’élu qui n’ambitionnait que d’être avant tout, un super Premier Ministre. Je suis certain qu’au fond de lui-même, il doit, ce soir, regretter de n’avoir pu se présenter aussi aux élections législatives (dans toutes les circonscriptions, j’entends).Un jour, l’élu des Français parla du nucléaire iranien pour confondre le civil et le militaire ( !!!). On avait presque la nostalgie du vieux Chirac qui, au moins en politique étrangère, avait davantage de consistance. C’est alors que je lus les propos de Otto de Habsbourg-Lorraine sur ce même sujet. Il abordait la question de la dissuasion nucléaire et je lisais : « Bien entendu, la politique étrangère a toujours du mal à harmoniser exigences pratiques et principes moraux. Je suis d’avis que la France se défendra très bien contre la tentation de ne tenir compte que des unes ou des autres tant qu’elle sera fidèle aux idées du Général de Gaulle. On a dit qu’il était l’homme d’avant-hier et d’après-demain. C’était là sa grandeur que cette vision qui allait vers des horizons lointains, mais en gardant toujours les pieds sur terre. Si la France continue dans cette voie, elle pourra jouer un grand rôle. » J’étais transporté. Hélas pour nous Français, nous connaissons aujourd’hui la suite, …Bernard Kouchner nommé ministre des Affaires étrangères … et le reste ! Cette phrase fut mon trésor pour cette triste période de l’élection. Je la ruminais littéralement : elle m’a conforté dans les choix que la période m’imposait.
Ce
passage également sur l’appât de l’argent : « Savez-vous qu’Adam
Smith, qui a le premier esquissé, en 1776, une théorie de la richesse, avait
écrit dix-sept ans auparavant une Théorie des sentiments moraux. Il
avait très bien perçu le risque de rapetissement de l’homme par l’argent. Dans
ce livre, il a décrit les dérives qu’entraîne l’appât du gain : « Tels
sont les inconvénients d’un esprit commercial. Les intelligences se
rétrécissent, l ‘élévation d’esprit devient impossible. L’instruction est
méprisée ou du moins négligée, et il s’en faut de peu que l’esprit d’héroïsme
ne s’éteigne tout à fait. Il importerait hautement de réfléchir à ces
défauts ». Quelle leçon !
Toujours
dans ces mêmes temps, je relisais : « De l’esprit des
étiquettes » de Madame de Genlis qui fut avant la Révolution
« gouverneur » des enfants d’Orléans donc du duc de Chartres, le
futur « roi des Français ». J’y ai relevé une phrase que dans mon
esprit, j’appliquai immédiatement à l’archiduc Otto : « La
véritable grandeur sait naturellement élever tout ce qui l’approche, c’est une
création digne d’elle. Rabaisser, c’est détruire, c’est l’emploi le plus
malheureux et le moins noble de la puissance. »
Ce soir, résultat des législatives : on retourne dans l’Etat-spectacle ou plus exactement la démocratie totalitaire comme le suggérait un ami hier : « L’UMP est devenue la Droite et point de salut, donc, hors de cette formation politique tout au service de la réussite du projet porté par Nicolas Sarközy et ses affidés, lorsque l’on se prétend de droite, et surtout, que l’on veut exister. »
Je voulais continuer de donner,
sur ce blog, mes impressions sur les récents changements intervenus dans la
République française.
Il est vrai
qu’il y aurait tant et tant à dire sur cet étrange gouvernement où se côtoient
tout à la fois, Brice Hortefeux et Bernard Kouchner, l’ami de famille des
Royal-Hollande et le décomplexé Eric Besson (celui qui, sans gêne, ose avouer
« être quelqu’un de fidèle » !!!), le tandem surréaliste
Christine Boutin / Roselyne Bachelot, pour ne pas parler de la malfaisante
« chouchoute de Jacques Chirac », la dénomméeValérie Pécresse,
militante de toutes les modes sociétales anti-familiales dont l’inénarrable
Jean-Pierre Raffarin voulut naguère faire un ministre de la Famille !!!
Quel étonnant
gouvernement où jusqu’à présent on ne comprend pas très bien à quoi servent les
ministres. Avant même qu’ils aient pu émettre une opinion, le joggeur fou de
l’Elysée les a déjà doublés et annoncé lui-même les propositions et précisions
qui eussent dû être les leurs. D’ailleurs, secrétaires d’Etat, ministres,
ministre d’Etat et Premier Ministre ne comptent pour rien ; en baskets
Nike et tee-shirt à la gloire de la police américaine, le joggeur transpirant
décide de manière absolue, sûr de sa « légitimité »
démocratique. Ce matin, le Premier ministre, constitutionnellement il porte ce
titre, même si la pratique semble lui donner en dévolution une sorte de
secrétariat général du gouvernement,
parlait d’une nouvelle manière de gouverner. Son rôle, expliquait-il,
sera de piloter ( !!!) la politique du gouvernement devant la
représentation nationale quand elle sera élue. Les sondages d’opinion annonçant
tous un raz-de-marée bleue, cette tâche ne semblera pas trop difficile face à
des oppositions réduites à la portion congrue bien que représentant les 68 % d’électeurs qui n’ont pas ratifié le
projet du candidat UMP au 1er tour. L’illusionniste séducteur laisse
entendre ces heures dernières qu’après les législatives, il ne serait pas
défavorable à une mini-mini dose de proportionnelle, certainement pour les
prochaines législatives dans cinq ans. On ne peut être plus cynique. Et tant
pis pour son Premier Ministre qui, hier, avait un instant oublié que sa voix ne
comptait pas, et annoncé exactement le contraire. Vous verrez qu’un jour,
François finira par devenir anti-Nicolas. Cela sera au moins une
continuité !
C’est
hallucinant mais le bon peuple demeure émerveillé par tant de mouvements et
d’agitation. La mise en scène du « sarkö-show » est habile et les Français
sont sous le charme. Attention cependant, à la migraine ou à la gueule de bois
des lendemains de fête. Le réveil risque d’être douloureux. J’entends déjà
certains : « Quel mauvais esprit, faites-vous ! N’a-t-on pas le
meilleur président, un des mieux élus de la Vème République ? »
Oui, à écouter
certain, Sarközy de Nagy-Bocsa serait le plus compétent, le plus intelligent,
le plus efficace et le plus légitime pour occuper la fonction. Voire.
Le plus
compétent ? Oui, peut-être. Pour le difficile département de
Seine-Saint-Denis, à sa prise de fonction comme ministre de l’Intérieur en
2002, il avait promis de tout changer. On a vu les résultats après cinq ans de
« sarközysme », le rapport de l’administration demandé par le
ministère de l’Intérieur était si accablant que, remis en janvier, il n’est
publié qu’en juin !!! Et on comprend pourquoi, jamais les rapports entre
la population et la police ne se sont autant dégradé, jamais la montée de la
violence urbaine n’a été aussi nette. Ceci n’étonne que ceux qui veulent bien
être étonnés. Il semble, en ces temps de grâce, que tout le monde ait oublié
les affichages médiatiques dans les commissariats des cités de banlieue de
2002. Il est vrai que les Français ont la mémoire courte, comme aimait à le
dire le vieux Maréchal.
Le plus
intelligent ? Ah oui, parlons-en. Mais enfin, nous appartenons au pays qui
a connu les références littéraires d’un Georges Pompidou, la culture d’un
François Mitterrand, et même, d’un certain point de vue, les connaissances sur
les arts premiers de Jacques Chirac sans oublier sa capacité à réciter des vers de Pouchkine en russe (oui,
en russe). Bien évidemment, il faudrait évoquer la profondeur des analyses
historiques et géopolitiques du Général ainsi que ses qualités d’écriture dignes
de Chateaubriand. Face à tout cela, la « culture » de Sarközy de
Nagy-Bocsa, même éclairée des conseils de Pascal Sevran ou de Johnny Haliday,
semble un peu fruste. A aucun moment, dans les jours où il réclamait nos
suffrages, nous n’avons eu réminiscence de ses lectures ou de ses méditations
sur le monde, hors quelques citations reproduites par les rédacteurs de ses
discours. Il est vrai que Nagy-Bocsa court, court, transpire, transpire
toujours plus, et est pressé, très pressé. Peut-être craint-il que son état de
grâce ne soit bref.
Le plus
efficace ? Nous verrons bien. Tant et tant de campagnes électorales nous
ont servi et resservi : « je ferai ce que je dis ». Il est vrai
que c’est déjà une rupture après le cynique : « les promesses
n’engagent que ceux qui les tiennent » de Charles Pasqua. Et cette rupture
dont on fait les éloges, parlons –en. La politique, assez démagogique, de
satisfaction des intérêts particuliers qui avait tenu lieu de programme politique au candidat,
semble bien vouloir être l’axe de la nouvelle « politique ».
Je suis obligé de mettre ce mot en italique car il a changé de ses avec les
nouveaux dirigeants. En effet, pour toute personne attachée au respect de la
res publica, fondement jusqu’à aujourd’hui de toute action politique dans notre
civilisation occidentale, la somme des intérêts particuliers n’a jamais
constitué une Politique au sens noble du terme. Mais
« l’élu-choisi-démocratiquement-par-les Français » ne s’est certainement
jamais nourri de la lecture d’Aristote ou de Thomas d’Aquin, ses réflexions
étant davantage tournées vers les choses concrètes. Et la nouvelle politique
est déjà engagée, tant pis pour l’assemblée non encore élue qui a la charge du
contrôle : pertsonne ne croit plus à cela : la satisfaction des
intérêts particuliers va coûter, selon les économistes, de 11 à 16 milliards d’euros. La dette
publique ? qui oserait en parler ? François Fillon, notre apparatchik
Premier Ministre expliquait hier que ces dépenses, qui inquiétent tant nos
partenaires européens, seraient bien vite équilibrées par la fameuse croissance
qui n‘osera pas manquer au rendez-vous du président le mieux élu des Français.
Sinon, ce serait à désespérer de l’Histoire. Voilà une vraie rupture avec la
manière ancienne du « gouverning » (terme apprécié de nos nouvelles
excellences ; comme il apparaît ringard le petit père Raffarin avec sa
« gouvernance ». Sauf que cette rupture, je parle pour ceux qui ont
la mémoire des faits, fut aussi celle de « l’économiste » Mitterrand
en 1981. La révision de 1983 fut déchirante
pour les citoyens français, socialistes ou pas. On pourrait remonter
plus avant dans l’histoire de France et rappeler la politique financière menée
par Charles-Alexandre de Calonne en 1783 et dont on se souvient encore des
conséquences que Calonne affrontera courageusement en se mettant à l’abri en
Angleterre laissant à d’autres, Louis XVI en particulier mais aussi
Malesherbes, le soin d’assumer leur destin. Vous voyez que notre
« jogger-man » relève bien de notre identité nationale !
Le plus
légitime !!!! ???? Vieux débat que celui de la légalité et de la
légitimité. L’élu Nagy-Bocsa ne nous a guère éclairés sur ces thèmes dans sa
campagne électorale. Je reconnais aisément que l’on ne peut nier que le peuple
français ait donné à l’élu une légalité démocratique incontestable. Mais ceci
le rend-il pour autant légitime ? Ceux, auxquels j’appartiens, qui se
réclament de l’héritage aristotélo-thomiste en douteront. Aujourd’hui, notre
très « catholique » François Fillion, interrogé l’autre jour sur une
chaîne de radio, parlait de ce qu’il appelle, une façon nouvelle et moderne
d’envisager la politique. Il évoquait
comme seule légitimité pour la démocratie que la légalité du résultat numérique
final. Et c’est ainsi, même les catholiques bien-pensants qui ont élu
triomphalement le « joggeur » n’osent penser que la légitimité, si
elle requiert le consentement populaire, ne peut occulter totalement la notion
de Bien commun. Or, un pouvoir pour être légitime doit agir au nom, non de la satisfaction
des intérêts particuliers, mais avec le souci du bien commun auquel tous les
intérêts particuliers se doivent d’être ordonnés ? « Ce bien
commun, au service duquel est l’autorité de lEtat, ne trouve sa pleine
réalisation que lors que tous les citoyens sont assurés de leurs droits. Autrement
on arrive à la désintégration de la société, à l’opposition des citoyens à
l’autorité, ou alors à une situation d’oppression, d’intimidation, de violence,
de terrorisme, dont les totalitarismes de notre siècle nous ont fourni de
nombreux exemples. » Encyclique Redemptor hominis deJean-Paul
II. Celui dont l’élu des Français nous a confié qu’il le considérait comme
un de ses maîtres spirituels. Peut-être un
jogging improvisé l’avait-il empêché de se nourrir ce ces belles et
profondes paroles , un peu comme les jogging de Brégançon l’empêchèrent de
participer en famille aux messes de l’Ascension et de la Pentecôte, le privant
de la joie de la messe dominicale comme il l’a écrit dans un de ses ouvrages
d’avant-élection. Le vote catholique valait bien une telle confidence. Il faut
avouer qu’elle a bien marché sur l’opinion catholique française.
Comme je
regrette que notre élu n’ait pas connu mon vieux maître Jean Daujat. Mais ce
nom parle-t-il encore aux jeunes catholiques de notre pays qui ont continué la
pratique de la messe dominicale et qui, de plus, s’intéressent à la chose
politique, je ne le pense pas. Il (Daujat) lui aurait parlé de Jacques
Maritain, nourri comme Bernanos à la source de la pensée de Maurras pour certains
aspects, et que le Général envoya comme ambassadeur auprès du Saint-Siège. Le
Saint-Père Pie XII, fasciné par son intelligence voulut un temps revenir sur
les dispositions canoniques de 1917 pour l’élever à la dignité cardinalice. Il
fut aussi l’ami du cardinal Montini (futur Paul VI), l’inspirateur du cardinal
Ratzinger (actuel Saint-Père Benoît XVI). Pour lui la démocratie qu’il ne
confondait pas avec une forme politique de gouvernement républicain, devait
être ordonnée au bien commun, respectueuse du véritable humanisme chrétien.
Bref, être un mélange de thomisme,
d’humanisme et de libéralisme qui serait le socle de la cité vitalement
chrétienne.
Cela
aurait été une véritable révolution pour notre vieux et cher pays.
Mais, je reparlerai de cela plus tard. Ces réflexions m’ont beaucoup éloigné de Nicolas Sarközy de Nagy-Bocsa. On ne peut pas tout mêler.
16 mai 2007, Jacques Chirac cesse
son second mandat de président de la république. Il quitte le Palais de
l’Elysée pour trouver asile au « Palais Arriri » du quai Voltaire.
Cette décision me choque : il n’est pas convenable, à mon sens, qu’un
ancien Chef de l’Etat français aille se faire héberger gracieusement chez un
riche ressortissant étranger, fût-il libanais et ami de la France. On ne se
change pas ; pour moi, le président de la République française demeure,
quelque part, dépositaire d’un peu de l’aura sacré de nos anciens rois. Il
reste une sorte de « Président de France » et même sans mandat, il se
doit de respecter son rang, notion bien oubliée par notre personnel politique
depuis le départ du Général . Il est vrai que celui-ci avait préféré la solitude
austère et digne des sombres forêts gauloises à la chaleur ensoleillée des
palaces marocains !!
Mais, je reviens sur Jacques
Chirac et cette journée particulière. Et, comment cela ne serait-il pas. Après
tout, il a jusqu’à ce jour accompagné ma vie « citoyenne », comme on
aime à le dire en français politiquement correct. Je revois l’homme jeune au
visage anguleux, au regard ardent de 1967 – j’avais alors 22 ans et j’étais
passionné de politique depuis, déjà, une bonne dizaine d’années. Il venait
d’arracher, après une campagne électorale époustouflante, le département de la
Corrèze à sa vieille tradition radicale –socialiste. Il est vrai que pour
gagner cette bataille, il avait payé de sa personne, se faisant, lui l’énarque
parisien, plus paysan qu’un véritable paysan, n’hésitant pas à établir des
relations approfondies avec la race bovine, et avec un aplomb stupéfiant,
développant tous les thèmes rad-soc de son concurrent local au nom connu
Mitterrand – attention, pas lui, mais l’autre, son frère. Ce fut son premier
acte de vampirisme politique, si j’ose dire. Activité dans laquelle, il fera
tout au long de sa carrière de grands progrès, au, point de passer pour un
génie des coups et de la tactique politicienne. Il est vrai qu’à ce jour, ceci
peut paraître bien anodin face aux jeux favoris du
« nain-enchanteur » qui vient de s’asseoir sur le fauteuil
présidentiel.
1967, un forcené de l’activisme
politicien était né. Il n’est pas certain que De Gaulle, pour qui les élections
législatives n’étaient qu’une péripétie obligée de la vie politique, y ait
prêté beaucoup d’attention. Tel ne fut pas le cas de Georges Pompidou qui
flaira là, en bon chasseur qu’il était, le fauve politique qui, après dressage,
pourrait avoir un avenir (« destin », ont dû dire, à l’époque, ses
flatteurs ; terme réservé aujourd’hui par les courtisans du
« Figaro » et des chaînes télévisées à l’occupant actuel). Le
dressage fut confié à Pierre Juillet et à Marie-France Garaud : ils le
musclèrent et lui donnèrent du poids. Il semblait incarner un renouveau du
gaullisme. Ma fascination était grande, je l’avoue, et me fit rejoindre
l’Association des Amis de Jacques Chirac dont j’ai conservé la carte jusqu’à ce
jour.
1995, mon
enthousiasme était celui des forces vives du pays. Les lendemains furent
douloureux : un long désamour …. jusqu’au rejet final de 2002.
Immobilisme, immobilisme est le mot qui revient le plus souvent aujourd’hui le
concernant. C’est tout à fait exact ; en fait, c’est tout autant
l’immobilisme d’un système à bout de souffle que le sien. Le quinquennat, il
porte là une responsabilité historique, a tué ce qu’avait voulu être le régime
politique de 1958. Et le show politique surréaliste auquel on assiste depuis
plusieurs jours, à force de spectacle « à l’américaine », de coups
médiatiques, est le nouvel acte d’une rupture affichée pour emporter les
législatives. Quant à la France, elle est bien oubliée.
Pour l’instant, c’est le tsunami Nagy Bocsa (c’est
plus respectueux de lui donner cette partie de son état-civil, l’autre, prononcé
à la française, a un sens qui ferait injure à tous les présidents de la
république de notre histoire). Tous les gogos français sont subjugués (« gogos »,
il faudrait mieux employer à la manière de Bernanos le mot
« imbécile », mais je ne suis pas sûr d’être compris par tous) .
Bref, le tsunami actuel n’est qu’une pure manipulation tactique pour mieux
ancrer dans l’esprit des gogos que les temps ont changé et faire oublier – ce
que Madame Royal n’avait pas su rappeler avec assez de force – que l’actuel
« bien-élu de la démocratie française » était en tant que Ministre
d’Etat le numéro 2 du précédent gouvernement et qu’il a été en charge et des
affaires intérieures et des affaires économiques et financières ! Il
n’avait certainement pas dû étudier, à ce moment là, le dossier de la politique
nucléaire, à entendre les âneries qu’il a, sans sourciller, sorti le soir du
« Grand Débat » . Il est vrai que sa nébuleuse de mouches a
immédiatement investi le net et falsifié tous les chiffres et données des encyclopédies
virtuelles, à tel point, qu’elles ont été obligées de fermer leurs sites pour
conserver quelque crédibilité. Une manière, par avance, d’appliquer la
maxime : « Je ne vous mentirai pas ! » Dormez tranquille,
gogos, ni TF1, ni la 2, ni Elkabbash (il est difficile d’orthographier ce nom),
ni ces messieurs du « Figaro » ne vous embêteront avec de tels détails !
Le président fait son jogging comme tout un chacun, avec quelques gardes du
corps en plus ! Tout est bien , la France est jeune.
« Pas de
polémique ! », je crois entendre un vieux monsieur cravaté du quai
Voltaire. Le but de la manœuvre actuelle est de tuer dans l’œuf l’expérience
voulue par Bayrou, en la vidant de tout contenu, tout en achevant le PS –en
fait décédé par arrêt mortel en 2002 (ceci me rappelle sur une autre
phrase : « On ne tire pas sur une ambulance » - dite, il est
vrai, par une dame qui quelques années plus tard fera la campagne de Valéry
pour être ministre immédiatement de François ; le Nagy Bocsa a bien des
maîtres ….. !!!!). Pour achever le PS, je reprends mon raisonnement, il
suffit d’empêcher sa recomposition vers le centre pour le repousser vers
l’extrême gauche trotskiste qui ne rêve que de sa mort. Vous comprenez pourquoi
quelques militants zélés de la L.C. R. ont voté Sarko au second tour.
Pour ceux qui
sont intéressés, essayez retrouver dans ce tourbillon médiatico-politique la
belle notion du Bien commun qui seul peut assurer une légitimité au politique.
Je vous souhaite bien du plaisir !
J’arrête là,
les mots m’arrivent en flots et je réserverai à plus tard la suite de mes grognements,
et mes sentiments après la nomination du « French Doctor », ce
soixante-huitard indécrottable, ex- ( ???) trotskiste et toujours … , au
ministère des Affaires étrangères. A la table du Conseil des Ministres, il
pourra toujours communiquer en langage codé avec son confrère l’ancien
président d’Emmaüs-France.
A plus tard
sur ce blog.
Je viens réagir à votre mèl de cet
après-midi que j'ai lu avec intérêt. Je vous rejoins totalement dans votre
analyse. Vous vous refusez à croire que le déclin de notre pays soit inexorable
et vous attendez, en secret, ce Jour providentiel où interviendra (Qui ? Quoi ?
Comment ?) qui stoppera cette descente aux enfers.
C'est pour moi une source de joie et
d'espérance que de savoir qu'un jeune Français de 21 ans, formé déjà à la
réflexion politique, soit dans ces dispositions d'esprit et dans cette
espérance. Peut-être que ce que n'a pas su faire ma génération, la vôtre saura
relever le défi et faire revivre pour nos concitoyens un destin français qui
torde le coup à toutes les politiques d'abandon et de soumission de nos
politichiens. Ce sursaut est devenu aujourd'hui une nécessité, c'est une
affaire de vie ou de mort pour notre France.
Depuis une trentaine d'années, nous
n'avons pas voulu voir et comprendre par lâcheté et irresponsabilité que
l'arrivée continuelle et non-maîtrisée de flux de migrants tout azimut
modifiait de manière inexorable notre matrice civilisationnelle et que cela
allait engendrer de véritables cataclysmes mortels pour notre nation. Ces
émeutes et ces violences urbaines qui se sont manifestées ces derniers jours en
marquent les prémices même si, très certainement, dans un premier temps on
parviendra à les contrôler sans cependant apporter le moindre début de solution
au problème mortel qui est posé.
N'écoutez pas ceux qui vous
parlent, pour se rassurer, de la France éternelle ; les nations ne sont pas
éternelles, l'histoire est là pour nous le rappeler. Elles sont bien mortelles
comme toute organisation humaine et si nous voulons que la France vive, que
notre patrie vive, il faut la défendre, c'est-à-dire vivifier, entretenir et
protéger les éléments qui l'ont fait naître en particulier notre foi au Christ.
Faute de quoi, ne vous y trompez pas, elle disparaîtrait. Aujourd'hui les
forces de destruction de l'idée de patrie sont telles que défendre ne peut
signifier que combattre.
Vous m'avez confié les nobles idéaux qui
vous animent. Ils sont enracinés dans la tradition. Il sera certainement
nécessaire de dépoussiérer cette tradition pour lui donner un élan nouveau, une
vitalité nouvelle qui permette de la mettre au service de la défense de la
cause du principe national comme autrefois ces idéaux ont servi la cause du
Roi. Il ne s'agit pas d'un énième combat
politicien de droite contre la gauche dans une démocratie molle et fatiguée ou
de se rassembler dans le consensus poisseux d'une démocratie démagogique.
Les partisans de droite ou de gauche sont tous responsables, et nous avec comme
complices de leurs turpitudes, de la situation catastrophique actuelle. Ils nous
ont conduits sur les routes de la trahison, de l'abandon et de la désespérance.
Vous, vivez de vos valeurs, rejoignez ceux - et ils sont plus nombreux que l'on
ne pense, la fameuse "majorité silencieuse" (je déteste cette
expression) qui sont animés de la même ardeur que la vôtre ; résistez et
combattez pour la renaissance de notre civilisation, de notre
patrie française (laissez hurlez les imbéciles qui ne savent plus ce que
ces belles expressions veulent dire !) "Majorité silencieuse", je
déteste cette expression car ce mot même de majorité sent encore trop la
démocratie du nombre que j'abhorre ; j'aurais préféré une expression qui dise
plus mon désir de vertu aristocratique.
La patrie, ce lieu où nous aimons vivre
ensemble, parler notre langue, relire notre histoire, vivre sous les lois que
notre Etat, patiemment organisé par nos rois au cours des siècles, nous a donné
pour nous arracher aux violences désordonnées de l'âme humaine afin que nous
constituions une nation. J'aimerais, à titre personnel,
entendre ce langage dans la bouche de nos Princes qui aujourd'hui incarnent le
principe monarchique, Henri comte de Paris ou Jean duc de Vendôme ! Hélas, eux
aussi ils ont oublié qui ils étaient ! Vous savez que je ne dis pas cela par
idéologie, je ne suis pas un partisan royaliste Action Française.
Pour les propos précédents sur la patrie,
certains - mais pas vous - y verront un accès de xénophobie ou de racisme. Je
récuse leurs accusations : ce ne sont que des jean-foutre impuissants et qui
n'ont pas compris que la France est une nation non-ethnique dont la base est la
langue, la religion et l'espace civique ; bref, ce que je nommais tout à
l'heure civilisation.
A plus de 60 ans, Jean-Pierre se lance, enfin, dans le monde merveilleux du Web 2.0. Passionné d'histoire, de politique, de patrimoine, grand amoureux de Notre Dame de Paris, Jean-Pierre est également un homme très intéressé par les questions spirituelles. Le ton qu'il donnera à son blog ? Eh bien, ce sera selon son humeur. Mais que le lecteur sache que Jean-Pierre ne mâche pas ses mots et analyse les événements en le replaçant dans une perspective longue. Bonne lecture pour les futurs "abonnés".

Eh bien, cher Jean-Pierre, je vous ignorais ces talents de conteur. A moins qu'il s'agisse de réelles conversations avec une... read more
on Les trois promenades